Après
ces grandes réussites que sont « Utopies » et
« Baldamore » (50 000 albums vendus) et des prix
prestigieux (dont les Victoires de la Musique Jazz 2008), Hadouk Trio
nous revient enfin avec un nouvel album studio très
aérien et qui nous transporte encore plus loin.
Tout en
gardant ces racines africaines qui font le charme incroyable de leur
musique métissée, le groupe s’aventure aussi ici
sur de nouvelles pistes peu fréquentées tout en
développant encore la palette multiple des claviers, percussions
ou des instruments dits ethniques avec toujours cette
élégance et ce sens de l’humour, unique.
Hadouk est un monde par lui-même, fait de racines
aériennes et de terres rêvées, un continent
imprévu qui pointe entre l’Afrique et l’Orient, un
rivage improbable qui s’avance entre jazz et world, une
véritable rose des vents qui se dessine sur le portulan des
musiques du monde. Bref, Hadouk c’est une cosmologie en soi, avec
ses constellations et ses horizons libres, ses lignes de grande
transhumance et ses astres de première magnitude.
Après avoir célébré la chimère
totémique (« Shamanimal ») et s’être
hissé au sommet du perpétuel présent (« Now
»), le trio se voit couronné d’une Victoire de la
Musique pour son cinquième album, « Utopies », aux
tournoiements météoriques. Sur les traces
mêlées d’Hermann Melville et de
Saint-Exupéry, Hadouk joue désormais la fille de
l’air. En terrain connu, certes, mais toujours en mouvement vers
quelque terra incognita, nos trois baroudeurs de sons ouvrent ici
d’autres pistes auxquelles font maintenant échos de
nouvelles lignes aériennes… Bienvenue à bord
d’Air Hadouk ! Transport garanti sans kérosène,
décollage « aérozen », pour un périple
aux destinations en devenir. Plus élégant que le low
coast, plus chic encore que le saut orbital du tourisme spatial,
« Air Hadouk » offre un survol planétaire aux
saveurs hédonistes, naturellement poussé par la brise et
l’aquilon. En ligne de mire : cet horizon où confins et
intime se rejoignent, et depuis lequel les rivages continentaux se
redessinent à l’aune de nouvelles métamorphoses
instrumentales.
Ainsi le khen, orgue à bouche du Laos, se solarise de contours
électriques ; le hang, au croisement chatoyant du steel drum et
du gamelan, se dédouble et s’ouvre au chromatisme ; le
doudouk se jazzifie du côté de chez Monk ; le hajouj,
basse du désert à peau de dromadaire, devient piccolo
pour prendre de la hauteur, alors que fait son apparition la
flûte bahu, anche libre chinoise jouant de ses ondulations
ourlées… Autant de territoires sonores qui
s’inventent dans la distance prise avec le terroir
d’origine.
Visant l’azur, Hadouk épure ses lignes,
s’allège et s’élève, plus
aérien que l’atmosphère. Swing et loopings,
mélodies en escadrilles, haute voltige rythmique et harmonies
planantes, nos trois copilotes optent résolument pour le jeu des
figures libres. Mais ils sauront aussi vous conduire, sans turbulences,
vers un atterrissage en douceur. Bon vent !